En mars dernier, nous avons publié un article intitulé “Marchés en baisse : pourquoi rester investi est presque toujours la bonne décision” , dans lequel nous rappelions que les corrections font partie intégrante et qu’il est essentiel de conserver une vision de long terme. Quelques mois plus tard, ce message reste plus que jamais d’actualité. Les récents replis des marchés asiatiques peuvent susciter des interrogations, mais ils ne remettent pas en cause nos convictions d’investissement.
L’essentiel de la baisse provient du secteur des semi-conducteurs, particulièrement en Asie. Ces entreprises ont bénéficié d’un engouement exceptionnel porté par l’essor de l’intelligence artificielle. Cette forte progression s’est accompagnée d’une hausse importante des valorisations. Aujourd’hui, les marchés prennent simplement le temps de réévaluer ces niveaux de prix et certains investisseurs sécurisent une partie de leurs gains. Ce type de mouvement est fréquent après une phase de forte hausse. À ce stade, il s’agit davantage d’une correction des valorisations que d’une remise en cause des perspectives de croissance de ces entreprises.
Ce graphique qui date de 2024 illustrait déjà la profonde transformation de cette industrie au cours des trente dernières années. Alors que les Etats-Unis et l’Europe dominaient historiquement la production mondiale de semi-conducteurs, une part croissante des capacités de fabrication s’est progressivement déplacée vers l’Asie. Taïwan, la Corée du Sud, le Japon et la Chine se sont imposées comme des acteurs incontournables de cette industrie stratégique.

Cette évolution explique pourquoi les marchés asiatiques occupent aujourd’hui une place centrale dans la chaîne de valeur mondiale des semi-conducteurs mais également pourquoi ils sont plus sensibles lorsque ce secteur traverse une phase de correction.
Cette séquence illustre parfaitement l’intérêt d’une allocation diversifiée. Si les actions émergentes (principalement exposées sur la Corée du Sud et Taiwan) et japonaises reculent actuellement, d’autres classes d’actifs évoluent différemment. Les sukuk demeurent particulièrement stables, tandis que l’immobilier coté a continué de progresser sur la période. Le graphique ci-dessous en est une illustration concrète : alors que certaines classes d’actifs corrigent, d’autres résistent ou progressent, contribuant à amortir les mouvements de marché.

La diversification a pour rôle d’éviter qu’un seul moteur de performance détermine à lui seul l’évolution d’un portefeuille.
L’histoire des marchés montre que les épisodes de volatilité sont toujours suivis par des phases d’accalmie. Ces périodes peuvent être inconfortables à court terme, mais elles font partie intégrante de l’investissement sur les marchés, notamment les marchés actions.
Notre rôle n’est pas d’anticiper chaque mouvement de marché, mais de construire des portefeuilles capables de traverser ces périodes. La correction actuelle ne modifie donc pas notre stratégie.
Nos convictions restent les mêmes : une allocation diversifiée, pensée pour le long terme, demeure selon nous la meilleure façon de créer de la valeur dans la durée.